Si vous avez déjà entendu « C’est quand ? », « Encore ! » ou vu votre enfant se désorganiser
parce qu’il doit attendre… alors oui : vous êtes un parent tout à fait normal.
La patience n’est pas innée chez les enfants — elle s’apprend, comme on apprend à marcher,
à parler, ou à tenir une cuillère.
Et la bonne nouvelle ?
On peut enseigner la patience sans crier, sans menacer, et sans entrer dans le rapport de
force.
Pour un jeune enfant, attendre est une épreuve émotionnelle. Son cerveau est encore en
construction : les zones liées au contrôle des impulsions et à la gestion du temps mûrissent
lentement, jusqu’à 6–7 ans.
À 2 ou 3 ans, un enfant vit dans le temps présent absolu.
Il ressent une envie → il veut lasatisfaire immédiatement.
Pas parce qu’il est capricieux.
Parce que son cerveau ne sait pas encore faire autrement.
“L’enfant n’est pas impatient pour embêter, il est impatient parce qu’il n’a pas encore les
outils pour faire autrement.” — Psychologue du développement
Pour nous, attendre quelques minutes, c’est normal.
Pour lui, c’est presque une montagne.
Apprendre la patience, c’est apprendre :
♦ à gérer la frustration,
♦ à tolérer le délai,
♦ à faire confiance (“maman/papa va revenir”),
♦ à réguler son émotion,
♦ et à renoncer à l’immédiat pour quelque chose qui arrivera un peu plus tard.
C’est donc un apprentissage exigeant, mais essentiel pour grandir.
1. Prévenir plutôt que subir
Lorsque l’enfant sait ce qui va se passer, il se sent en sécurité.
“Dans 5 minutes, on va partir.”
“Je termine mon appel et je viens t’aider.”
Même s’il ne sait pas parfaitement mesurer le temps, il comprend l’intention.
2. Donner un rôle : la patience passe par l’action
Les enfants supportent mieux l’attente quand ils font quelque chose.
– “Pendant que j’étends le linge, tu peux choisir ton histoire du soir.”
-“Pendant que je prépare la table, tu mets les serviettes.”
Être actif rend l’attente plus douce.
3. Ritualiser : les routines rassurent
La patience se développe quand l’enfant prévoit ce qui vient.
Les routines du soir, du matin ou du goûter montrent que les choses arrivent dans un ordre
stable.
4. Nommer les émotions
Quand l’enfant perd patience, sa frustration envahit tout.
Lui nommer ce qu’il ressent l’aide à reprendre le contrôle :
“Tu es impatient parce que tu veux jouer maintenant. Je comprends. On va attendre un tout
petit moment ensemble.”
Être compris, c’est déjà s’apaiser.
5. Introduire le “temps de retour au calme”
Un petit coin confortable (pas une punition, pas un isolement) où l’enfant peut respirer,
s’asseoir, prendre un ours ou une balle anti-stress aide énormément.
Ce n’est pas “un coin”, c’est un lieu d’atterrissage émotionnel.
➡ Attendre son tour pendant un jeu
➡ Ranger avant d’avoir l’objet suivant
➡ Compter jusqu’à 10 avant d’ouvrir un cadeau
➡ Faire un “jeu de la météo” : inspirer comme le vent, souffler comme la pluie
➡ Lire une histoire où un personnage doit attendre
Ces petites situations répétées deviennent de véritables entraînements émotionnels.
♦ Ce moment où vous dites “On part dans 2 minutes”, et l’enfant s’effondre comme si
vous annonciez la fin du monde.
♦ Cette crise monumentale au supermarché pour un yaourt qu’il a déjà mangé 100 fois.
♦ Ce “encore un dessin animé” qui se transforme en test olympique de patience pour
vous aussi.
Ces scènes sont universelles. Et elles n’annoncent pas un futur adulte impatient — juste un
petit humain en pleine construction.
Les enfants ne naissent pas patients.
Ils le deviennent parce qu’on leur enseigne, avec douceur, constance et cadre.
Sans cris. Sans menaces. Sans culpabiliser.
Et chaque petit effort d’aujourd’hui prépare un enfant qui, demain, saura mieux se poser, se
concentrer et gérer ses émotions.
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